Pour la première fois, déçue d’être éliminée en Coupe

Coupe de Tchèque, Coupe de la ligue, Coupe de France, Coupe de je ne sais pas quoi…. Des compétitions que l’on joue mais, pour être franche, elles ne nous intéressent pas trop. Et le meilleur du meilleur était le Coupe de Tchèque ! La finale entre les fêtes de Noël. Idéalement, le 27 décembre – le lendemain de la plus grande fête de l’année – la soirée où tout est permis ! Vraiment une motivation parfaite pour vouloir accéder jusqu’à la finale. On l’a toutes « désirées ». Une année, je me souviens d’avoir rigolé avant le match au vestiaire : « les filles, on joue au poteau ce soir ! Qui marquera devra avoir honte. » Horrible, je le sais ! Mais ça devrait déjà être oublié, et on avait vraiment hâte de profiter de Noël, souffler un peu et boire une bière avec nos amis, au lieu de croiser encore une fois l’État pour jouer un match auquel personne ne s’intéresse.

Alors, quand j’ai entendu David parler, les yeux pétillants, de cette Coupe de France et son rêve d’accéder jusqu’à la finale un jour, j’avais envie de me frapper le front. Mais en l’écoutant, j’ai commencé à avoir envie de jouer cette Coupe et d’aller le plus loin possible. La raison était simple – j’aimais le concept. Comme David le dit – il permet aux petits clubs de vivre quelque chose d’exceptionnel. L’idée est simple – trois niveaux, une grande finale qui compte 6 matchs et qui se joue pendant toute la journée à Bercy. J’imagine que ça peut être quelque chose d’extraordinaire pour un si petit club. Alors, je me suis laissée motiver.

Ça a bien commencé. Nous avons gagné le premier tour. Pour le deuxième nous avions encore un tirage difficile – Cagnes sur Mer. Notre voisin et un des adversaires des plus difficiles. Les jeunes du club sont venus nous encourager avec leurs tambours. Quand je les ai vus arriver au gymnase, ça me rappelait deux choses. Les années dans mon ancien club en Rép.Tchèque, où l’on avait le meilleur public du championnat – ils ont été surnommés « l’enfer ». Et le moment quand mon papa arrive dans la tribune, je le vois, je lui souris et je sais, que le match peut commencer, il y a pour qui jouer…

Cagnse sur Mer ont commencé la stricte globale avec un seul objectif – de nous craquer physiquement. Je ne comprends toujours pas pourquoi il y a des gens qui pensent que d’avoir 30 ans et un enfant derrière devrait forcément dire que nous ne sommes pas capables de traverser le terrain aussi vite qu’une fille de vingt ans. Peut-être ils ne sont pas au courant qu’est-ce que ça donne un accouchement ? Ou ignore le fait que les enfants nous apprennent de repousser nos limites ? Alors, je vous préviens – dissuader une maman ? Ce n’est pas si facile que ça.

Évidement ça n’a pas marché.  Et on avait 2 joueuses qui se sont blessées tout au début du match et, en plus, des arrières (les ailières vont me pardonner… mais – vous le savez). Et puis, on a gâché le début de deuxième mi-temps. Ce type de black-out, quand tu regardes autour de toi et tu ne sais pas exactement ce-qu’il se passe et quoi faire pour l’arrêter. On était à moins 10 et je me suis dit que je pourrais sortir du terrain. Le coude, qui n’est pas au top, me faisait mal. Mais…si je sors, ça pourrait être un signal clair pour les filles – on fait les bagages et on rentre à la maison. Et je ne voulais pas de ça – il y avait Bercy devant nous. En roulant vers le match, je m’étais déjà imaginée ce que ce serait de vivre quelque chose d’exceptionnel avec ces filles sympas. Donc je restais…Et le match a commencé à changer. De moins 10 on a fait une égalité en 15 minutes. Pas mal, non ? Il restait deux minutes et je me suis dit, on doit y arriver !

Et… non, on a perdu ! Et j’étais tellement fâchée, que l’on ait raté ces tirs, que l’on n’ait pas réussi à défendre comme il le fallait et j’étais déçue, fatiguée et, tout d’un coup, j’avais encore plus mal. J’ai tellement voulu gagner !Mais les filles ont été calmes. Elles ont été fiers de ce qu’on a produit. Même l’entraineur était calme, bien qu’il pouvait être bien énervé. Et j’ai commencé à réfléchir. En roulant vers la maison je me suis rendu compte que ce n’était pas si grave que l’on ait perdu. Que même si j’ai mal partout, j’étais contente de rester sur le terrain. Oui, on n’ira pas à Bercy. Mais ce n’est pas grave, parce-qu’on est déjà en train de vivre quelque chose d’exceptionnel sans y aller.

J’adore gagner. C’est parfait ! Tout d’un coup il y a du soleil de partout. On voit les gens, qui se déteste dans une étreinte fraternelle, endorphines tout autour de toi, l’univers tourne comme tu le souhaites. Gagner est très simple. C’est comme être fraichement amoureux, ça roule tout seul. Mais savoir perdre, c’est une autre chose… Je pense – jouer à fond et perdre. Accepter les fautes et les imperfections des autres et les siennes. Bien que l’on soit déprimés, rester ensemble. Et on a prouvé que notre équipe, dans son intégralité, le sait. Et je trouve ça exceptionnel.

La détermination est une chose utile. Elle nous pousse de l’avant. Je suis contente de l’avoir en moi et que les filles l’aient aussi. Mais l’humilité d’accepter les résultats et les fautes des autres fait de nous un collectif, et du sport une des meilleures écoles. Ça paraît tellement logique ! Mais qui a fait du sport collectif sait que ce n’est pas souvent si évident que ça.

En France, vous avez un slogan – Handball, école de la vie. Je ne pense pas, que ça marche que pour le handball, mais plutôt pour tous les sports collectifs. D’apprendre à accepter les fautes et imperfections des autres est un des savoir-faire essentiels dans nos vies. Et pourtant si peu de personnes en sont capables. Il n’y a rien de mal à faire des erreurs. Comme le dit souvent mon oncle – personne n’est parfait. L’essentiel est de faire les choses du mieux possible. Après tout va bien. Même si on perd. Merci à ce match qui nous a montré que notre équipe le sait. Parfois, il y a des choses bien plus importantes que de gagner…

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