10 raisons pour lesquelles engager une joueuse « maman »

Souvent dans ma carrière, j’ai joué avec des joueuses « mamans ». Bien que ces filles avaient de l’expérience et ont souvent fait la différence dans les match serrés, elles sont était parfois méprisées et jugées comme des « vieilles ». On leur demande souvent quand elles pensent arrêter…

J’ai remarqué une chose : la frontière n’était pas l’âge mais le fait qu’elles étaient des mamans. Même si, quand on parlait d’elles, on les nommait globalement les « mamans ».

Maintenant, je suis devenue l’une d’elles. J’ai changé de camps et ça me donne du recul, et aussi des idées. Évidemment, je ne pense plus que le fait d’avoir un bébé change grand-chose. Ou si, c’est encore mieux !!! Et pourquoi ?

Voici la liste des 10 raisons pourquoi il faut surtout engager les filles « mamans » dans votre équipe !

  1. Une joueuse « maman » n’est jamais fatiguée ! Ah oui, parce-que on n’a pas le droit d’être fatiguée… Le bébé ne nous le demande jamais. Petit à petit on apprend à ignorer comment on se sent vraiment.
  2. Pas besoin de payer une salle de gym. Est-ce-que vous avez déjà essayé de porter en même temps le cosy avec le bébé de 10kg dedans, un sac à dos, un parasol, un sac à main et pousser la poussette devant vous ? Croyez moi – c’est mieux qu’une séance de musculation. En plus si le bébé pleure vous faites le cardio en même temps. Pas besoin de se promener dans la salle de gym et de faire l’effort.
  3. Patience ! Vous avez rangé toutes vos affaires et en revenant des toilettes vous trouvez votre bébé souriant avec toutes les affaires au milieu de votre pièce ! Tout fier, il vous regarde comme s’il vous disait « et voilà ce que j’ai fait » ! Une maman apprend vite que, parfois, il faut dix fois souffler avant d’ouvrir la bouche. Alors, pas de deux minutes pour avoir râler auprès des arbitres !
  4. Vous aurez plus de licenciées sans devoir faire l’effort. Naturellement, les gosses vont faire du hand – pas de question ! Présence à chaque entrainement !
  5. Vos joueuses n’auront jamais mal. Passées par l’accouchement, une béquille sur le terrain parait comme un léger souffle de vent sur la plage…
  6. Pas de fausses excuses. Vous avez le problème que vos joueuses ont toujours de fausses excuses ? « Je ne peux pas venir je dois réviser, je suis malade, ma mère fête son anniversaire… » Avec une maman ça arrive très rarement. Parce-que son excuse ; c’est le handball ! « Désolée chéri, ce soir c’est toi qui t’occupes du petit, je peux pas – j’ai un entrainement à faire ».
  7. Les tribunes remplies ! Rester à la maison avec les enfants peut devenir long. Alors, c’est logique que les papas préfèrent les ramener au match. En plus s’ils invitent toute la famille, ça devient encore plus facile. Alors, vos tribunes seront remplies et vous ne manquerez pas de cris venant des tribunes !
  8. Comprendre sans parler ! Parfois sur le terrain, on a besoin de faire des signes sans donner un signe aux adversaires. Comprendre les gestes de son bébé qui ne sait pas encore s’exprimer, c’est facile pour une maman… Un signe et tout est clair !
  9. Pas de fête avant le match !!! Et après non plus. Bah oui, clairement… Il n’y a pas de choix…
  10. Vous allez passer de bons moments avec nous, parce-que nous, les mamans, on est prêtes à faire n’importe quoi, pour voir un sourire sincère. Et on l’apprécie même si vous n’avez pas assez des dents.                           

C’est le temps de passer à autre chose

Encore un dimanche, il pleut encore, on a encore perdu…

J’ai voulu écrire un article de match de samedi soir. Également j’ai voulu écrire que j’en ai marre du Baileys, de regarder la pluie et de perdre les matchs. Mais cet article, il n’était pas bien. Je l’ai supprimé et j’ai décidé de suivre un des conseils de ma maman : « si tu n’as rien à dire, mieux sera de te taire ».

Ok, je dirai qu’une chose… Trois défaites et ça suffit ! On a tout essayé : Perdre chez nous, chez les autres, contre les forts, contre les moins forts. C’est le temps de passer à autre chose. Aux victoires et au soleil.

Je cache le Baileys au fond de placard, j’attends le soleil qui devrait arriver dans quelques jours et, ce qui est le plus important, dans 2 semaines il y a un autre match à jouer. J’y vois clair… Fini de parler. On prend les baskets et les ballons.

C’est le temps du travail : here comes the sun…

Pour la première fois, déçue d’être éliminée en Coupe

Coupe de Tchèque, Coupe de la ligue, Coupe de France, Coupe de je ne sais pas quoi…. Des compétitions que l’on joue mais, pour être franche, elles ne nous intéressent pas trop. Et le meilleur du meilleur était le Coupe de Tchèque ! La finale entre les fêtes de Noël. Idéalement, le 27 décembre – le lendemain de la plus grande fête de l’année – la soirée où tout est permis ! Vraiment une motivation parfaite pour vouloir accéder jusqu’à la finale. On l’a toutes « désirées ». Une année, je me souviens d’avoir rigolé avant le match au vestiaire : « les filles, on joue au poteau ce soir ! Qui marquera devra avoir honte. » Horrible, je le sais ! Mais ça devrait déjà être oublié, et on avait vraiment hâte de profiter de Noël, souffler un peu et boire une bière avec nos amis, au lieu de croiser encore une fois l’État pour jouer un match auquel personne ne s’intéresse.

Alors, quand j’ai entendu David parler, les yeux pétillants, de cette Coupe de France et son rêve d’accéder jusqu’à la finale un jour, j’avais envie de me frapper le front. Mais en l’écoutant, j’ai commencé à avoir envie de jouer cette Coupe et d’aller le plus loin possible. La raison était simple – j’aimais le concept. Comme David le dit – il permet aux petits clubs de vivre quelque chose d’exceptionnel. L’idée est simple – trois niveaux, une grande finale qui compte 6 matchs et qui se joue pendant toute la journée à Bercy. J’imagine que ça peut être quelque chose d’extraordinaire pour un si petit club. Alors, je me suis laissée motiver.

Ça a bien commencé. Nous avons gagné le premier tour. Pour le deuxième nous avions encore un tirage difficile – Cagnes sur Mer. Notre voisin et un des adversaires des plus difficiles. Les jeunes du club sont venus nous encourager avec leurs tambours. Quand je les ai vus arriver au gymnase, ça me rappelait deux choses. Les années dans mon ancien club en Rép.Tchèque, où l’on avait le meilleur public du championnat – ils ont été surnommés « l’enfer ». Et le moment quand mon papa arrive dans la tribune, je le vois, je lui souris et je sais, que le match peut commencer, il y a pour qui jouer…

Cagnse sur Mer ont commencé la stricte globale avec un seul objectif – de nous craquer physiquement. Je ne comprends toujours pas pourquoi il y a des gens qui pensent que d’avoir 30 ans et un enfant derrière devrait forcément dire que nous ne sommes pas capables de traverser le terrain aussi vite qu’une fille de vingt ans. Peut-être ils ne sont pas au courant qu’est-ce que ça donne un accouchement ? Ou ignore le fait que les enfants nous apprennent de repousser nos limites ? Alors, je vous préviens – dissuader une maman ? Ce n’est pas si facile que ça.

Évidement ça n’a pas marché.  Et on avait 2 joueuses qui se sont blessées tout au début du match et, en plus, des arrières (les ailières vont me pardonner… mais – vous le savez). Et puis, on a gâché le début de deuxième mi-temps. Ce type de black-out, quand tu regardes autour de toi et tu ne sais pas exactement ce-qu’il se passe et quoi faire pour l’arrêter. On était à moins 10 et je me suis dit que je pourrais sortir du terrain. Le coude, qui n’est pas au top, me faisait mal. Mais…si je sors, ça pourrait être un signal clair pour les filles – on fait les bagages et on rentre à la maison. Et je ne voulais pas de ça – il y avait Bercy devant nous. En roulant vers le match, je m’étais déjà imaginée ce que ce serait de vivre quelque chose d’exceptionnel avec ces filles sympas. Donc je restais…Et le match a commencé à changer. De moins 10 on a fait une égalité en 15 minutes. Pas mal, non ? Il restait deux minutes et je me suis dit, on doit y arriver !

Et… non, on a perdu ! Et j’étais tellement fâchée, que l’on ait raté ces tirs, que l’on n’ait pas réussi à défendre comme il le fallait et j’étais déçue, fatiguée et, tout d’un coup, j’avais encore plus mal. J’ai tellement voulu gagner !Mais les filles ont été calmes. Elles ont été fiers de ce qu’on a produit. Même l’entraineur était calme, bien qu’il pouvait être bien énervé. Et j’ai commencé à réfléchir. En roulant vers la maison je me suis rendu compte que ce n’était pas si grave que l’on ait perdu. Que même si j’ai mal partout, j’étais contente de rester sur le terrain. Oui, on n’ira pas à Bercy. Mais ce n’est pas grave, parce-qu’on est déjà en train de vivre quelque chose d’exceptionnel sans y aller.

J’adore gagner. C’est parfait ! Tout d’un coup il y a du soleil de partout. On voit les gens, qui se déteste dans une étreinte fraternelle, endorphines tout autour de toi, l’univers tourne comme tu le souhaites. Gagner est très simple. C’est comme être fraichement amoureux, ça roule tout seul. Mais savoir perdre, c’est une autre chose… Je pense – jouer à fond et perdre. Accepter les fautes et les imperfections des autres et les siennes. Bien que l’on soit déprimés, rester ensemble. Et on a prouvé que notre équipe, dans son intégralité, le sait. Et je trouve ça exceptionnel.

La détermination est une chose utile. Elle nous pousse de l’avant. Je suis contente de l’avoir en moi et que les filles l’aient aussi. Mais l’humilité d’accepter les résultats et les fautes des autres fait de nous un collectif, et du sport une des meilleures écoles. Ça paraît tellement logique ! Mais qui a fait du sport collectif sait que ce n’est pas souvent si évident que ça.

En France, vous avez un slogan – Handball, école de la vie. Je ne pense pas, que ça marche que pour le handball, mais plutôt pour tous les sports collectifs. D’apprendre à accepter les fautes et imperfections des autres est un des savoir-faire essentiels dans nos vies. Et pourtant si peu de personnes en sont capables. Il n’y a rien de mal à faire des erreurs. Comme le dit souvent mon oncle – personne n’est parfait. L’essentiel est de faire les choses du mieux possible. Après tout va bien. Même si on perd. Merci à ce match qui nous a montré que notre équipe le sait. Parfois, il y a des choses bien plus importantes que de gagner…

Retour au web? Peut-être… Je ne promets plus rien !

Combien de fois ai-je pensé à retourner sur mon blog ? Les idées d’écriture me venaient régulièrement autour du huitième kilomètre de mon parcours. Qui court comprendra… Mais après avoir fini la course, ces idées se sont souvent évaporées. On a toujours quelque chose de plus important à faire…

En même temps je me suis dit : « ne sois pas bête, qui s’intéressera à ça ? » Les années avec l’équipe nationale sont passées et tu n’es plus une jeune de vingt ans, un espoir pour ton sport, une fille qui profite de la jeunesse et de sa vie en université sans aucun soucis. Je suis devenue une femme au foyer et jeune maman, qui se font en larme par les couches de sa petite merveille et – qui aurait dit ça ? – est comblée de cette nouvelle vie. Mais soyons honnête, même si je suis très heureuse, ce n’est plus si attirant.

Et pourtant, je suis là et j’écris… Mira pense que j’écris au Père Noël et, après avoir déchiré un livre avec Maja, lui enseigne comment jouer au foot (mais tu es sérieux, là ??? ) !

Donc, qu’est-ce qui m’a poussé à écrire de nouveau ? Plusieurs choses. Mais principalement le HBDC. Un club où je joue, où je m’amuse. Ils sont sympas et je voudrais les aider. Sur et en dehors du terrain aussi. Je n’ai pas beaucoup de possibilités : je ne sais pas coacher (qui m’a vu avec les enfants, comprendra…), je ne sais pas trouver les sponsors, je n’ai pas de connaissances importantes…. Mais j’aime écrire…

Alors, je vais écrire sur ce club : comment c’est de jouer à ce niveau pour une ancienne sportive de haut niveau, de choses différentes aussi. Peut-être. Si j’ai envie, et si la vie de la femme au foyer me le permettra (qui connaît l’appétit de Mira comprendra…). Peut-être ces articles trouveront un futur partenaire qui aura envie d’aider le club, peut-être que je ferai plaisir à mes coéquipières et au coach… J’aime leur faire plaisir. Ils en méritent. Mais on va parler de ça prochainement… Allez, j’arrête d’écrire ! Il pleut, Mira a ouvert le Baileys…C’est un beau dimanche